LA TRAVERSEE DE PARIS
(colorisé)


REALISATION ADAPTATION DIALOGUES ROMAN MUSIQUE DUREE
CLAUDE AUTANT-LARA JEAN AURENCHE MARCEL AYMÉ RENE CLOEREC  80 MINUTES 26 OCTOBRE 1956


Jean Gabin ....  Grandgil

Bourvil ....  Marcel Martin
Louis de Funès ....  Jambier, l'épicier
Robert Arnoux ....  Marchandot
Jacques Marin ....  Le patron du restaurant Saint Martin
Hubert de Lapparent ....  L'otage nerveux
Georges Bever ....  Un consommateur 
René Hell ....  Le père de Jambier 
Albert Michel ....  Le concierge de la rue de Turenne 
Jeannette Batti ....  Mariette Martin
Georgette Anys ....  Lucienne Couronne, la patronne du cafe Belotte
Laurence Badie ....  La serveuse du restaurant
Myno Burney ....  Angèle Marchandot
Germaine Delbat ....  Une cliente du restaurant
Monette Dinay ....  Madame Jambier
Jean Dunot ....  Alfred Couronne, le patron du cafe Belotte
Bernard La Jarrige ....  Un agent de police (as Bernard Lajarrige)
Hans Verner ....  Le motard (as Jean Verner)
Hugues Wanner ....  Le père de Dédé (as Hugues Waner)
Martine Alexis 
Béatrice Arnac ....  La femme arrêtée 
Paul Barge ....  Le paysan 
René Brun 
Anne Carrère 
Yvonne Claudie 
Anne Cuvelier 
Yvette Cuvelier 
Anouk Ferjac ....  La jeune fille patriote 
Clément Harari ....  L'otage à lunettes 
Henri Lambert ....  Bit part 
Michèle Nadal 
Hubert Noël ....  Le gigolo arrêté 
Maryse Paillet ....  Une femme au restaurant 
Claude Vernier ....  Le secrétaire de la Kommandatur 
Jean Vinci ....  Le client mécontent 
Louis Viret ....  Le cycliste
Harald Wolff ...  Le commandant allemand





En 1943 à Paris, Martin chauffeur de taxi en chômage fait des transports clandestins de viande pour le marché noir. Après avoir joué de l'accordéon pour couvrir les cris du cochon que l'épicier Jambier égorge, il rejoint sa femme Mariette au restaurant où il apprend que son coéquipier habituel a été arrêté. Sui les entrefaits un inconnu entre dans le restaurant. Martin invite l'inconnu, Grandgil, à s'asseoir à sa table et lui propose de travailler avec lui. Grandgil et son compagnon, chargés de quatre lourdes valises, vont devoir traverser tout Paris, malgré les dangers. Son coéquipier se révèle être artiste-peintre. Célèbre et riche, il n'a accepté de participer à cette aventure que par goût du risque et du sport. Une patrouille allemande les arrête et les conduit à la Kommandantur où un officier, amateur de peinture, reconnaît l'artiste... Seul Martin sera déporté. Quelques années plus tard, Grandgil et Martin se reverront sur le quai d'une gare; Grandgil toujours aussi superbe, Martin vieilli porte, lui, les valises des voyageurs.



Le choix de Bourvil pour le rôle de Martin fit l’objet d’une opposition si violente de la part de Marcel Aymé qu’il finit par inquiéter la production. Claude Autant-Lara, qui tenait à son choix, dut diminuer son budget de plus de 50 %, renonçant ainsi à la couleur, pour obtenir toute liberté quant au casting. Marcel Aymé reconnut par la suite son erreur concernant Bourvil, ajoutant de plus : « C'est vraiment la toute première fois qu'on ait fait au cinéma quelque chose tiré d'un de mes livres qui soit non seulement bien, mais d'une très grande qualité. Et dans ce cas particulier, ce n'était pas facile ».
  Avant ce film, André Bourvil n’avait jamais travaillé avec Jean Gabin. Leur première scène fut justement celle de la première rencontre entre Martin et Grandgil. Lorsque Gabin rentre (de dos) dans le bistrot et lance un « Bonsoir » inquiétant : l’acteur Bourvil était terrifié…
  L’équipe technique est visible à deux reprises dans le film. Lorsque Jeannette Batti tend un savon à Jean Gabin au début du film : on peut parfaitement voir, l’espace d’une seconde, l’ombre portée de la caméra sur l’actrice. Lorsque André Bourvil aperçoit Jeannette Batti qui s’apprêtait à le quitter, Gabin sort de l’immeuble seul. Lorsque Gabin quitte le couloir : on voit très clairement qu’un assistant referme la porte derrière lui…
  Le budget serré du film encouragea Max Douy (célèbre chef décorateur) à réaliser des quartiers entiers de Paris en studio. Les influences expressionnistes de l’artiste (déjà visibles dans d’autres films) explosent dans certaines séquences de La Traversée de Paris. De plus, le film est certainement l’une des visions les plus justes et les plus saisissantes de la période de l’occupation au cinéma. La force du traitement réside évidemment dans la présence d’un noir et blanc très contrasté et inquiétant…
 Claude Autant-Lara aurait attendu cinq ans avant de tourner les retrouvailles finales gare de Lyon, minutées par le départ du train de Grandjil (il avait acquis les droits en 1950). Cette issue désabusée se démarque complètement de la nouvelle de Marcel Aymé dans laquelle Grandjil est tué par Martin qui incarne l'honneur du prolétariat contre le cynisme d'une bourgeoisie oisive.
  Au crépuscule de sa carrière, Claude Autant-Lara réalisa un remake inavoué de La Traversée de Paris. Il s’agit du film Les Patates réalisé en 1969 avec Pierre Perret et Henri Virlojeux.
   Pour beaucoup, ce film est considéré comme le chef-d'oeuvre de Claude Autant-Lara.
   Les Studios de Joinville furent transformés en porcherie pour le confort des cochons figurant dans le film.