LA VERITE SUR  BEBE DONGE


REALISATION ROMAN DIALOGUES DUREE
HENRI DECOIN GEORGES SIMENON HENRI
JEANSON
104 MINUTES 15 FEVRIER 1952



Danielle Darrieux ....  Elisabeth 'Bebe' Donge
Gabrielle Dorziat ....  Madame D'Ortemont
Jean Gabin ....  François Donge
Jacques Castelot ....  Docteur Jalabert
Daniel Lecourtois ....  Georges Donge
Madeleine Lambert  
Juliette Faber  
Jacqueline Porel  
Gaby Bruyère  
Meg Lemonnier  
Alinda Kristensen  
Yvonne Claudie  
Jean-Marc Tennberg  
Marcel André  
Claude Génia ....  Jeanne Donge
Blanche Denège ....  Une Invitée
Geneviève Guitry ....  Francoise
Emma Lyonel ....  Mme Lafitte 




François Donge est un riche industriel provincial, solide et bien établi dans la vie. Amateur de femmes, on pourrait le croire blasé, lorsqu'il rencontre à Paris une jeune fille qui lui plait et qu'il aborde en vain, De retour chez lui, il a la surprise de retrouver la charmante inconnue. Mieux encore. Élisabeth d'Onneville est la soeur de Jeanne, fiancée de Georges Donge, le propre frère de François. François, l'égoïste, François, l'homme des passades, est subjugué par la fraîcheur d'Elisabeth. Une marieuse, Madame d'Ortemont, spirituelle et autoritaire, prend les choses en mains : le même jour, les deux frères Donge épouseront les deux soeurs d'Onneville. Dix ans passent, François vient d'être emmené d'urgence à la clinique, soi-disant empoisonné par des huîtres comme l'affirment la famille, le médecin et même la presse locale. En réalité empoisonné par sa femme, cette Bébé, qui devant ce début d'agonie demeure froide et impénétrable. François lutte contre la mort le juge d'instruction et le parquet ne peuvent agir et le moribond tente de retrouver l'image de la tendre Elisabeth et la promesse du bonheur à deux entrevues autrefois. La jeune femme a été mise rapidement en face de la réalité alors qu'elle poursuivait ses rêves. Avertie par un indice, elle a questionné François. Cyniquement celui-ci a reconnu les faits : non, il n'esquive aucune rencontre, même facile, même vulgaire. C'est ainsi qu'il a pris pour maîtresse la femme du docteur Jalabert qui a pu obtenir ainsi des subventions pour cette clinique où François meurt aujourd'hui. Un professeur appelé à son chevet veut tenter une grave opération. François y consent, il veut reconquérir sa femme que, seule, il a vraiment aimée. Mais tout est fini pour Elisabeth. En ce jour d'anniversaire, elle voit arriver le commissaire. François Donge est mort, la justice s'affaire.


  La Vérité sur Bébé Donge est la troisième adaptation de Georges Simenon par Henri Decoin, il y eu avant : Les Inconnus dans la maison en 1942 et L'Homme de Londres en 1943.

   Danielle Darrieux raconte qu'elle a une préférence marquée pour ce film car c'est la première fois qu'on lui confiait un rôle différent de ceux auxquels elle était abonnée depuis ses jeunes débuts. Ce premier rôle dramatique qu'elle souhaitait tant, on ne sera pas surpris d'apprendre que c'est celui « qui lui a donné sa carrière » et qui fut son mari (il ne l'était plus à l'époque), le metteur en scène Henri Decoin qui le lui a apporté. Ce film est peut être, si l'on en croit la comédienne, le rôle qui, en renouvelant son talent lui permettra de poursuivre au cinéma.
 Les années 50 virent le cinéma recourir à l’œuvre de Georges Simenon, presque autant que la décennie précédente. Elles s’ouvrirent sur un coup d’éclat grâce à La Vérité sur Bébé Donge. Encore une réussite littéraire et encore une remarquable réalisation d’Henri Decoin, décidément bien inspiré par le romancier... La remarquable réussite de ce film, doit beaucoup à l’interprétation hors pair du couple vedette Gabin-Darrieux et à la fidélité de l’adaptation (de Maurice Aubergé, scénariste de Jacques Becker). »

  « Parce que c’est elle. Parce que c’est lui. Une chambre d’hôpital. Elle est à son chevet. Il se meurt. Elle l’a empoisonné. Il lui pardonne. Il meurt. Elle est arrêtée. Ils étaient mari et femme. Elle : amoureuse, naïvement, maritalement, moralement. Lui : volage, cyniquement, oublieusement, maritalement. Là où elle attendait une histoire d’amour, il lui donne son nom. Plus qu’un drame sentimental, un cauchemar terrifiant. Froid. Asphyxiant. L’incompréhension. Ténébreusement. Une perle noire mâtinée au flash-back ; brillante comme un éclair de lucidité. La vérité, c’est dégueulasse. »