LE JOUR SE LEVE

REALISATION DIALOGUES MUSIQUE DUREE 9 JUIN 1939
MARCEL
CARNE
JACQUES
PREVERT
MAURICE
JAUBERT
87 MINUTES



Jean Gabin : François, ouvrier sableur

Jules Berry : Valentin, dresseur de chiens
Bernard Blier : Gaston, un collègue de François
Marcel Pérès : Paulo, un collègue de François
Arletty : Clara, la partenaire de Valentin
René Génin : Le concierge
Gabrielle Fontan: La dame de l'escalier
Léonce Corne
Arthur Devère: Mr Gerbois, un voisin de François
Jacques Baumer : Le commissaire
Mady Berry : La concierge
Georges Douking : L'aveugle
Germaine Lix: La chanteuse
Jacqueline Laurent : Françoise, la fleuriste
Annie Cariel: Une locataire
René Bergeron: Le patron du café
André Nicolle: Le brigadier
Georges Gosset: Un agent
Albert Malbert: Un agent
Claude Walter: Un ouvrier
Marcel Rouze: Un agent
Madeleine Roussel
Henri Farty
Guy Rapp
Max Rogerys
Robert Leray
Marcel Melrac




François ouvrier sableur vient de commettre l’irréparable, cloîtré dans sa petite chambre, un parallélisme prend forme : un homme effondré repasse dans sa mémoire les évènements qui l’ont forcé à exécuter cet acte insensé pendant que toute une logistique policière destinée à le déloger prend forme.
Il y a vraiment un gouffre d’incompréhension entre un Valentin provocateur et méprisant la classe ouvrière prenant plaisir à séduire par jeu la fragilité de Françoise promise à un François sans avenir, victime des conditions déplorables de travail dans une usine où les décibels meurtriers ruinent les éventuels espoirs de contacts entre les êtres. Dans cet îlot inhumain, les fleurs se fanent presque instantanément.
François retranché sent que la fin est proche sa raison l’abandonne, victime d’une technologie professionnelle quotidienne abrutissante mêlé d’un amour contrarié par la fausse lumière mensongère d’un vieux beau, il s’autodétruit par le crime en prononçant de sa fenêtre quelque temps après son méfait la phrase célèbre « Quel François ? Y a plus de François ». Symboliquement tout ceci dénonce à la veille de la Seconde Guerre mondiale le drame ouvrier qui, par sa condition fragilisé, éprouve de grosses difficultés à accéder à un concept simple : être doublement heureux par l'amour et l'utilisation d'un outil de travail décent.
Valentin n’a aucune consistance mais il est bien habillé et ne trime pas, avec de bons mots il grise Françoise qui rêve d’un ailleurs. De par sa condition François ne peut lutter. Les provocations volontaires répétées de Valentin déclenchent un mécanisme évolutif violent chez François, c’est le but recherché, débusquer chez cet être, considéré comme primaire par Valentin, ses facultés prédestinées à tuer. C’est un peu le schéma directeur de l’association Carné/Gabin dont le personnage déjà poussé à bout dans Quai des brumes semble conditionné au meurtre suite à des rencontres avec des éléments négatifs et perturbant un équilibre précaire. Une vraie malchance dont la finalité est un destin implacable.
Pour Le jour se lève, Alexandre Trauner fit construire un immeuble imposant censé représenter par sa froideur le retranchement d’un homme solitaire aveuglé, suite à son geste, par ses propres démons. L’étonnant procédé du flash-back, novateur pour l’époque, apporte une approche réflective de faits déterminants conduisant le héros vers l’acte final spontané et irréfléchi.