Le successeur
Mots:192  Intro:0 sec  Durée:3.40  Année:1988
Concert: 89-95


Il vient d'entrer en scène
Dans mon costume de scène.
Il n'a rien à m'envier :
Il n'a même pas salué.
J'm'entends encore lui dire
La manière de sourire,
La façon d'arriver,
Gladiateur sacrifié.

Il commence sa chanson
Et j'reconnais l'intro.
C'est ma première leçon :
D'la rigueur, mais pas trop.
Pour sa première rengaine,
Il parle avec les mots
D'une jungle africaine,
De l'adieu d'un bateau.

Et il est jeune, il est bon, il est beau.
Quel talent, quelle leçon, quel salaud !

Quand il parle d'une femme,
Elle ressemble à la mienne.
Dans le bleu de ses larmes,
Je me fais de la peine.
Il joue avec mesure
De la mélancolie,
Des passions, des blessures,
Sur le fil de ma vie.

Et il est jeune, il est bon, il est beau.
Quel talent, quelle leçon, quel salaud !

Il s'arrête, un silence
Et le public délire.
Sur une histoire d'amour,
Il enchaîne à plaisir.
Il connaît mes images.
Il sait les colorier.
Il accroche un nuage
Que je lui ai soufflé.

Il finit, dans sa loge,
Sonné comme un boxeur.
Quand quelqu'un l'interroge,
Il répond : "Tout à l'heure !"
Et puis il m'aperçoit,
Il m'embrasse, il m'attire.
Est-ce que c'est bien ma voix
Que j'entends pour lui dire

Qu'il a raison d'être jeune, d'être beau ?
Quel talent, quelle leçon, quel salaud !

Qu'il a raison d'être jeune, d'être beau ?
Quel talent, quelle leçon, quel salaud !



(Jacques Revaux/Michel Sardou et Didier Barbelivien)