Vol 123 Japan Airlines

12 août 1985
Mont Osutaka, Japon
Boeing 747 SR-46
Japan Airlines
520 morts
Le 12 août 1985, le Boeing 747SR-46 opérant le vol 123 de Japan Airlines s'écrase dans les environs du mont Osutaka, dans la préfecture de Gunma, au Japon, à 100 km de Tokyo. En nombre de morts, cet accident reste dans l'histoire comme le pire impliquant un seul appareil et le deuxième après celui de Tenerife. Il y a 520 morts parmi les 524 personnes à bord.
Quatre passagères survivent au crash. Elles sont alors assises côte-à-côte dans la rangée 56 : Yumi Ochiai, 25 ans, une hôtesse de l'air de la compagnie JAL, coincée entre plusieurs sièges ; Hiroshi Yoshizaki, une femme de 34 ans et sa fille de 8 ans Mikiko, trouvées dans la section intacte du fuselage ; et une jeune fille de 12 ans, Keiko Kawakami, trouvée assise sur une branche au sommet d'un arbre.
L’avion est un Boeing 747 SR-46, pour Short Range, qui est une version modifiée de ce gros porteur destinée à emporter plus de 550 passagers sur des vols intérieurs nippons. L'appareil effectue son premier vol le 28 janvier 1974. Avant l'accident, il avait 25 030 heures de vol en 18 835 cycles1. Le capitaine, un Japonais du nom de Masami Takahama, était un pilote très expérimenté, ayant accumulé environ 12 400 heures de vol. Le copilote avait environ 4 000 heures de vol à son actif2.
L'avion décolla à 18 h 12 de l'aéroport international de Tokyo-Haneda en direction de l'aéroport international d'Ōsaka3. Douze minutes après le décollage, alors que l'appareil gagnait son altitude de croisière au-dessus de la baie de Sagami, une explosion se produisit au niveau de l'empennage, et l'appareil perdit une partie de sa gouverne de direction qui tomba en mer, causant une dépressurisation de la cabine et une perte totale des trois systèmes hydrauliques de l'appareil, rendant l'avion incontrôlable. La cabine est dépressurisée, plusieurs alarmes sonnent et les pilotes pensent avoir perdu une porte cargo. Alors que l'appareil, survolant la petite île d'Oshima, n'avait pas encore atteint son altitude de croisière, le commandant de bord chevronné, Masami Takahama demande l'autorisation pour un retour sur Haneda.
Une photographie restée célèbre prise depuis le sol montre l'appareil sans cette dérive. Les pilotes transmirent immédiatement via leur transpondeur un signal de détresse au centre de contrôle aérien de Tokyo afin que l'appareil soit autorisé à descendre et puisse disposer de vecteurs pour un atterrissage d'urgence. Les problèmes continuant, ils demandèrent d'abord des vecteurs pour retourner à Haneda, puis à la base aérienne américaine de Yokota, puis à nouveau à Haneda (au gré des errements de l'appareil, devenu quasiment incontrôlable). Plusieurs aéroports de dégagement sont envisagés mais l’avion n’est plus apte à les rejoindre.
L'avion se cabra et monta à plus de 7 000 mètres. Le manque d'oxygène perturbait l'équipage qui ne portait pas de masque, mais réussit néanmoins à réduire la poussée des moteurs, faisant ainsi redescendre l'appareil. Ce n'est qu'après être descendus à 4 100 m, que les pilotes indiquèrent pour la première fois au contrôle aérien que l'appareil était incontrôlable. Il survola la péninsule d'Izu puis se redirigea vers la côte et continua à descendre jusqu'à 2 100 m, avant que les pilotes ne parviennent à le faire remonter. L'appareil réatteignit 4 000 m, avant d'entamer une descente non contrôlée au milieu des montagnes, pour finalement disparaître des écrans radars à 18 h 56, à l'altitude de 2 100 m. Les pilotes se battent avec le reste des systèmes fonctionnels pour essayer de trouver la moindre possibilité de contrôler leur avion.
Durant la période précédant le crash, les pilotes s'efforcèrent de maintenir une marge d'altitude en s'aidant uniquement de la puissance des moteurs, étant donné que tous les systèmes hydrauliques servant à faire monter et descendre l'appareil via les gouvernes étaient inopérants. Au bout de 30 minutes d’une interminable perdition, l’appareil entame une plongée vertigineuse vers le sol depuis une altitude de 13 000 pieds. L'avion percuta finalement un col de montagne à la suite de cette perte de contrôle, fit un tonneau en survolant une vallée avant de s'écraser sur le dos sur la montagne opposée.
Les quelques 30 minutes séparant la perte de la dérive du crash, furent assez longues pour que quelques passagers aient le temps d'écrire d'émouvants adieux à leurs familles.
a cause du crash réside, selon la Commission d'enquête japonaise sur les accidents aériens et ferroviaires, en 3 raisons :
L'appareil avait été impliqué dans un précédent accident où la queue avait touché la piste au cours d'un décollage (tailstrike), à l'aéroport d'Itami, le 2 juin 1978, endommageant la cloison étanche.
Les réparations faites par la compagnie Japan Airlines elle-même, avaient été incomplètes. La procédure, fournie par le constructeur Boeing, demandait une pièce à double rangée de rivets, or les ingénieurs avaient utilisé à la place deux pièces à simple rangée de rivets. La résistance de cette partie de l'appareil a ainsi été diminuée de 70 %.
Lorsque la cloison étanche s'est rompue, elle entraîna la rupture des quatre circuits hydrauliques et l'arrachage de la dérive. Sans ces circuits, l'appareil était incontrôlable.