Vol 522 Helios Airways

14 août 2005
Grèce
Boeing 737-31 S
Helios Airways
121 morts
Quelques heures avant le décollage avait eu lieu une vérification technique sur une porte ayant montré un défaut d'étanchéité, car lors du vol précédent une des portes de l'avion s'était mise à trembler en vol et de la glace avait été remarquée sur la poignée. La commande de pressurisation avait été mise sur manuel pour effectuer le test mais n'avait pas été remise sur auto après que celui-ci eut été terminé.
Les boîtes noires montrent que la pressurisation de l'appareil n'a jamais été mise en marche. Au fur et à mesure de l'ascension de l'avion, l'oxygène est venu à manquer. Les masques de secours en cabine se sont déployés automatiquement. Les pilotes (dont les masques ne sortent pas automatiquement) ont confondu l'alarme de dépressurisation et celle de configuration décollage et ont continué la montée, leurs capacités peu à peu diminuées par le manque d'oxygène (hypoxie) jusqu'à leur évanouissement. Ils n'ont pas non plus identifié le problème de pressurisation lorsque l'alarme générale s'est déclenchée, à la tombée des masques passagers, ni lorsque les techniciens au sol leur ont demandé de la vérifier. Le contact radio avec la maintenance au sol a été établi par le commandant de bord, un Allemand, dont l'accent n'a pas facilité le dialogue avec les techniciens, hellénophones.
L'avion qui était en pilotage automatique a continué jusqu'à épuisement de ses réserves de carburant, au bout de 3 heures de vol (au lieu de 1 h 40 prévues). L'autonomie des masques à oxygène des passagers étant de 12 minutes (la durée d'une descente d'urgence), tous les passagers se sont ensuite évanouis eux aussi (sans oxygène à 10 000 m d'altitude, la perte de connaissance intervient en 30 secondes environ) ; les autopsies ont révélé qu'ils étaient vivants au moment de l'impact. Des témoins, sur place, ont vu des passagers qui portaient encore leur masque à oxygène.
Seul Andreas Prodromou, un steward par ailleurs pilote professionnel, a pu rester conscient en utilisant des bouteilles à oxygène portables. En effet, l'avion disposait de quatre bouteilles d'oxygène portables, d'une autonomie d'environ une heure chacune. Les débris retrouvés au sol ont montré que trois des bouteilles avaient été utilisées, certainement par Andreas. Il n'était pas initialement prévu sur ce vol mais a rejoint l'équipage car son amie, une hôtesse de l'air, en faisait partie. Devant l'absence de consignes de la part des pilotes, il est entré dans le poste de pilotage (utilisant le code prévu à cet effet pour déverrouiller la porte blindée) et envoyé cinq Mayday à la radio mais sans pouvoir établir de contact, celle-ci était probablement encore branchée sur la fréquence de l'aéroport de départ, hors de portée.