Ce qui était doit disparaître



J’y ai cru tellement longtemps

Que je réalise pas bien
C’était bien écrit pourtant
En tout petit j’en conviens

On croit les gens différents
Et davantage ceux qu’on aime
Mais la vie donne et reprend
Les espoirs qu’elle parsème

On idéalise un cœur qui bat
Surtout s’il bat pour nous
De la naissance jusqu’au trépas
Du tout premier rendez-vous

L’éternelle fuite en avant
D’avoir ce qu’on n’a pas
Retrouver l’espace d’un instant
Ce qui alors nous échappa

On est sincère juste un moment
Le temps de vaines promesses
Et le tout dernier mendiant
Le sait bien et encaisse

Tout ce qui est doit disparaître
Sans trop savoir pourquoi
Ne jamais faire renaître
Ce qui fut sucré autrefois

L’homme avance et se fait mal
Dans le plus sombre des tunnels
Et ces douleurs qu’il installe
Ne le rendront pas éternels

La vie, les rides nous disputent
Ce qu’on le regrette déjà
Et jusqu’à la dernière minute
Tout ce qu’on n’aura pas

Autant de fois, autant d’échecs
Alors on court à s’étourdir
Sur ce passé que l’on dissèque
Mais qui ne peut pas revenir

Je t’en voudrai pour toujours
En ne cessant jamais de t’aimer
De n’avoir pas eu recours
À une autre façon de penser



Christian Goutte