Chagrin


Neuf ans de ma vie viennent de s'éteindre

Un petit cœur de rien du tout s'est arrêté
J'étais las de l'entendre souffrir et geindre
J'ai retiré la vie de ma pépète adorée
Je pensais que pleurer ne m'arriverait plus
Je serai plus fort que n'importe quel chagrin
Mais là je l'avoue et j'en suis point confus
J'ai plus aimé ma chienne que certains des miens
Elle naissait à Lisieux, vers la sortie de la ville
Grosse comme la moitié de la moitié d'un poing
Dans le carton posé d'un resto de Trouville
L'attroupement devant toi, de ton air si coquin
Toutes ces vacances, les enfants qui grandissent
Et ce temps invisible dont on ne tient pas compte
Qui supprime en secret ces journées de délices
Et enlèvent à jamais ces bonheurs qu'il décompte
Ah cette boule de poils chauds qui se faufile
Sous les draps, dans la nuit, en ayant l'air de rien
Ce souffle qui me berce et ce cœur comme une île
Comment expliquer l'amour que nous portent nos chiens?
Je vais regarder des photos, des images mais bon
J'adorais lui embrasser le ventre je ne pourrai plus
Sa chaleur est partie et beaucoup d'illusions
Quelqu'un m'aimera-t-il de cet amour absolu?
Je ne te remplacerai pas je l'ai toujours su
Tu étais mon petit york adoré, je te pleure ce soir
Le témoin silencieux de mes amours devenues
Je ne t'oublierai jamais Nelly, je ne saurais savoir

Christian Goutte