Cancans et papotages



On les a vus sortir ensemble du boulot
En se jetant de longs  regards amoureux
Il à l’air plutôt jeune on dirait un ado
Ils vont s’aimer suant  entre midi et deux

Ils font fi des rumeurs et des on dit aussi
Les papotages et les ineffables cancans
Le danger est pour elle, mais pas du tout  pour lui
C’est un nouveau célibataire,  presque arrogant

Mais que cherche-t-elle  dans la chaleur de ses bras ?
Un  garçon en fait  qu’elle ne connaît presque  pas
Depuis des années, elle l’a vu se transformer
Et fréquenter souvent la machine à café

Tous ces lieux d’entreprises, tous ces centres de vie
Ou l’on raconte sa vie le matin du lundi
Ces secrets qui n’en sont pas ou alors si peu
L’impression de connaître les gens un peu mieux

Elle a  déjà quelqu’un dans son âme immense
Retrouvera-t-elle en lui le reflet de la sienne ?
Les yeux bleus d’un cocker et un peu d’innocence
Ont fait renaître en elle des amours anciennes

Mais le piège est si gros, l’imposture évidente
Il l’a préféré  comme un tyran au harem
Comment peut-elle croire qu’il comblerait l’attente ?
De petits mots de rien qui finissent par je t’aime

Mais quand un deuil subite dans un pays lointain
Nous fait  sentir coupable en étant innocente
Comme l’ultime expiation sur le son du tocsin
La subite envie d’un amour dilettante

Verra-elle peut être sur le bord du boulevard
Caché derrière un arbre un homme bouleversé
Qui ne sait pas encore s’il est déjà trop tard
Et si son cœur battant à jamais cœur fermé

Christian Goutte