Chrétiens croyants






Les âmes  des chrétiens croyants sont devenues gourmandes
Trouvant la vie si belle qu’ils en redemandent
Arrimés de prières à la vie éternelle
Attachés de naissance à la montée au ciel

Ils suivent pas à pas tous les rites divins
Catéchumènes nés pour barrer le malin
A force de tremper leurs doigts dans de l’eau croupie
Leurs mains peinent à saisir les saintes hosties

Mais leur dessein est clair et jamais indécis
Ils craignent apeurés  l’inconnu infini
Et attendent en retour de prières apprises
Un geste bien précis issu de leur église

Tous les indiens Aztèques des nouvelles Amériques
Accompagnaient leurs morts de musiques frénétiques
Préparant leurs aimés à une vie meilleure
Et dansaient tous ensemble jusqu’à la première heure

Mais les cathos n’ont rien compris à tout cela
Quand un frérot se meurt, quand un papa s’en va
Le chagrin de concert des familles désunies
Réunit les enfants et les sœurs meurtris

L’injustice trop criante doit pouvoir se comprendre
Quand elle prend avec elle un tout petit cœur tendre
Mais l’être humain malade et perclus de douleurs
Vit le battement final comme un geste sauveur

Embarqué quelque part, il les verra sans doute
Pleurer sur leur malheur et leur vie en déroute
Alors qu’il est heureux de ce corps libéré
Et son âme bien née aujourd’hui apaisée

Pour l’athée que je suis, la mort n’est que chagrin
Je ne vois que l’absence et la peine sans fin
Les souvenir d’un être désormais disparu
Et les photos jaunies qui ne nous quittent plus

Mais je ne suis que moi, moi qui ne crois en rien
Que dans un regard clair qui me tient dans sa main
La mort m’indiffère, Laissons vivre les suivants
Chantons l’opéra pendant qu’il est encore temps.

Christian Goutte