Cités perdues




Ils sont là côte à côte comme des cafards transis
Sur les marches en béton d’une barre  HLM
Ils comparent à voix basse le dernier Galaxy
Chapardé  à une femme seule dans  la journée même

Ça fume des joints à endormir toute la cité
Observés par leurs frères, les jeunes  gamins guetteurs
Qui ont quitté l’école bien avant le lycée
Pour vivre un avenir qu’ils pensaient sûrement meilleur

Depuis longtemps déjà ils ne respectent rien
Insultant quelque fois leur maman nourricière
Qui a perdu de vue ses très chers chérubins
Depuis qu’ils ont détesté la terre toute entière

Les jours de grève ils s’exilent, bien encagoulés
Et prennent sans billet le premier  train de banlieue
Pour traîner à la fin des cortèges syndiqués
Et faire croire à des casseurs d’un autre milieu

Dans leur barre de ciment ils végètent tranquillement
Et dépensent sans vergogne leur petit pécule
L’aumône d’un pays qu’ils haïssent viscéralement
Qui pourtant les nourri sans peur du ridicule

On supporte ces racailles sans rien avoir à dire
En admettant de facto ces  zones de non-droit
Ou même les pompiers sauveurs renoncent à venir
Dans ces ghettos sordides, sans couleur et sans loi

Mes lignes sont incorrectes, pour l’époque ou l’on vit
On doit  penser pareil pour ne heurter personne
Les moutons dans l’immensité de l’infini
Attendant la révolte qui tremble et frissonne



Christian Goutte