Elle ment



C’est sûrement par habitude
Sans même y prêter attention
Ou pour cacher ses turpitudes
Qu’elle élude par omission

Sur une scène imaginaire
Elle interprète brillamment
La joie entachée de colère
De la mante tuant l’amant

C’est pour masquer ou embellir
Qu’elle raconte tout et son contraire
Ses mots volent à n'en plus finir
Et se posent perdus en jachère

C’est son aplomb qui m’impressionne
Les belles histoires qu’elle me raconte
Je vois l’église, les cloches qui sonnent
Et j’en oublie que c’est un conte

Sur cent mille mots, deux, trois de vrais
Alors on choisit, on picore
On sépare le vrai de l’ivraie
Et on espère encore et encore

Un jour peut-être sait on jamais
De ses beaux yeux couleur Ceylan
Je retrouverai celle que j’aimais
En attentant ce jour, elle ment.

Christian Goutte