Faits divers 


On les a trouvés dans cette chambre d’hôtel

Qu’ils avaient louée l’après-midi même
Ainsi meurent parfois les gens qui s’aiment

Fait divers banal au milieu d’autres nouvelles
La femme avait l’air jeune, lui un peu moins
C’est une odeur d’amande qu’aurait senti le voisin

Lequel des deux donna d’abord la mort à l’autre?
Comment ôter la vie à une femme si belle
Sans passer post mortem pour un vil criminel?
 
Quelle détresse, quel chagrin, pour en arriver là
Certains murmurent qu’ils se seraient aimés
Deux minutes à peine avant de s’exterminer

Les commentaires vont déjà bon train
Elle serait dit-on, de la région
Alors que lui venait à l’occasion

On laisse passer un homme pressé
Qui en fait ne semble pas réaliser
Que par la mort sa femme l’a quitté

La foule se disperse et s’interroge
Mais qu’ont-ils pu bien se dire
Là, quelques instants avant de mourir?

Rien de tout ça n’est jamais arrivé
Pour deux garçons, pour deux ados
Je retire la totalité de ces mots

Christian Goutte




par Ouaismaihabaie le Ven 26 Mar - 0:01
J'ai l'impression d'être dans cette foule car je m'interroge
sur la fin du texte qui me paraît bien obscure ... Une explication ?


 par Fugitive le Ven 26 Mar - 11:56
Moi ce poème me fait penser à "hôtel du nord" car l'histoire ressemble
 à celle du film...Pour ce qui est de la fin je me demande si tout simplement
 ce que tu as voulu dire c'est que pour les deux enfants du couple
il vallait mieux ne rien savoir des raisons qui ont poussé ces adultes à en arriver là...
On fait tant de mal en essayant de reformer le film du drame....Bisous

 par garaison le Ven 26 Mar - 12:11
Bravo à toi quelle perspicacité! C'est en effet pour les enfants
de cette femme que j'ai tant aimé que j'adresse ce petit clin d'oeil.Elle ne s'appelait pas Annabella