Fin de bal à Aups


Quelques feuilles éparses s'amusent, dansantes

En tombant de platanes  assoupis maintenant
Reliefs de repas légers et braises fumantes
Sur cette place de village où s’amusaient les enfants

Les musiciens rangent les guitares dans leurs étuis
Pendant que des choristes âgées se démaquillent
Ne resteront que de vieilles planches de bois verni
Qui supportèrent ce bohème et jazzy quadrille

On entend ça et là des voix bien masculines
Imprégnées de bière blonde et de vin provençal
Celles qui plus tôt sifflaient de jolies arlequines
Les jeunes filles inondées de plaisir animal

Quelques sons de trompettes disparaissent au fond
Se perdant esseulés dans le cœur du village
Et le son des pétards s'enfuit dans le Verdon
La rivière impétueuse arrivant des alpages

Egarés les sons musettes de ce bal perdu
Seules restent accrochées les guirlandes inertes
En longeant une ruelle  indiquée  de visu
On peut voir une aimante et sa robe entrouverte

C'est un soir de juillet et les amours d'un soir
Ces couples réunis aux refrains débonnaires
Les lumières sont coupées, la place est dans le noir
Dès demain revivra  le marché populaire

Christian Goutte