Fric-frac





Et l'on rentre chez soi comme tous les soirs
Tranquille d'esprit de revoir son chez soi
On est en hiver il fait déjà noir
Et l'horreur est là juste sous le toit

La porte entre ouverte, on découvre tout
La pagaille sans nom, les choses éparses
Immonde désordre d'ignobles rap-tout
Le cerveau rempli d'insondables crasses

J'imagine sans peine ta mère adorée
Effondrée au milieu de son salon
Un peu avant de grimper au premier
Voire le carnage des sinistres félons

Elle revoit bien ce qui a disparu
Les désuets témoignages du temps passé
Et comment dire à sa fille éperdue
Que son enfance vient d'être dispersée?

En regardant sa chienne remuer la queue
L'ineffable amour de nos animaux
Quand  une simple caresse les rend heureux
Aimants pareil maîtresses et bourreaux

Il faudra des jours pour tout arranger
En découvrant encore et pour longtemps
Les traces infâmes d'une maison violée
Par ces deux ou trois voyous fainéants

Je connais bien l'endroit de cette maison
Je pourrai la situer sur une mappemonde
Elle fut longtemps, de loin, mon horizon
Cachée dans le plus beau village du monde.

Christian Goutte