Fardeau




Allongée dans son bain moussant

Belle et fine femme déprimée
Depuis si loin elle attend
Un jour, une vie, une éternité

Elle voyait sa vie autrement
Avec des fleurs coupées, offertes
Alors que son cœur au plus offrant
A fait d'elle cette femme secrète

Elle voudrait des bisous, des câlins
Des caresses coquines, des frissons
Au lieu de ces rêves lointains
Qu'est devenu son horizon ?

Loin de tout dans ce trou perdu
Au milieu de ce nulle part néant
Supportant ce quotidien têtu
Elle rêve à des plages de sable blanc

Trop timide pour savoir dire non
Elle subit d'incessants assauts
D'un homme rustre dont elle prit le nom
Et qui aujourd'hui est devenu fardeau

Continue à te faire belle et attirante
Continue à marier ces couleurs, ces tissus
Continue belle plante, belle amarante
Continue malgré les aigris, les déçus

Christian Goutte