Je ne veux pas croire



Je laisserai à la plupart de mes ennemis

La moitié des cauchemars qui peuplent ma vie
Pas besoin de larmes, de marchands de sommeil
La rancœur, la détresse me tiennent en éveil

Les rêves anéantis et le goût qu’ils nous laissent

On pense à celles qui furent nos câlines déesses
Au milieu de vous autres moi aussi j’eus la mienne
Et comme vous je suppose, j’attends plus qu’elle revienne

On leur ouvre des portes qu’elles franchissent prudemment

Pour n’tromper finalement qu’une partie de leur temps
Elles promettent elles déclament mais sans aimer vraiment
Et ne tiennent pas en fait que ça dure trop longtemps

On voulait juste leur cœur et caresser leur corps

Mais les cartes un peu truquées nous ont donné tort
Sans savoir qu’elles aimeraient tant le goût du péché
Et qu’leurs maris s’raient cocus pour l’éternité

Les hommes amoureux sont naïfs et innocents

Abandonnant parfois femmes et enfants
On fait l’vide dans sa vie pour une qui vous oublie
Qui n’se rappelle plus des choses qu’elle vous a dit

Le rêve abîmé vous enverra des images

Comme un livre d’horreurs que lisent les enfants sages
Vous la voyez se faire aimer jour après jour
C’est vrai qu’la haine parfois est bien près de l’amour

Les cauchemars sont maudits, ils renaissent et ils meurent

On n’sait jamais à quel endroit ni à quelle heure
Mais les dégâts qu’ils font sont autant de piqûres
Qui nous laissent abattus saigner de nos blessures

Les cauchemars racontent que votre vie se résume

A un prénom divin, à une peur qu’on assume
Le vrai avec le faux, la vie avec la mort
L’existence infinie d’une amante qui s’endort

Comme on abat un chien qui devient trop vieux

Sans faillir je l’enverrai au royaume des dieux
La colère, le dégoût dans mon âme se disputent
L’idée que mon idéale sois devenue une pute

Christian Goutte