Je vous comprends



Vous êtes assis au bord du chemin

Un peu paumé dans vos souvenirs
Qu’allez vous tenir là dans vos mains ?
Que va devenir votre propre avenir ?
On ne s’attend jamais à la déroute
L’intense mal, le froid des piqûres
Seul, bien seul au bord de la route
En essuyant le cœur de ses blessures

Je vous comprends, je vous connais
Un jour peut-être on se croisera?
Je reconnais que je n’savais pas
Que la cicatrice deviendrait plaie

On touche un être exquis et délicat
Un cœur, un amour, une belle chevelure
Un bleu si bleu, le diamant d’un éclat
On pense naïvement aux choses qui durent
Mais le temps, la raison  et d'autres excuses
L’on fait douter de nous et d’autres choses
Et si la passion absolue n’était qu’une ruse ?
Il faut bien qu’un jour se fanent les roses


Je vous comprends comme on vous raille
Je sais qu’un jour on se verra
Mais j’avoue que je n’savais pas
Que la griffure serait glaciale

Vous comme moi sommes des oiseaux
Remplis d’un amour divin et inutile
Nos larmes nous donnent l’air un peu sots
En se croyant unique on pleure celle qui file
La seule, la vraie? on la sait essentielle
On prie un Dieu absent pour qu’elle revienne
Mais son corps, son âme, grimpent au ciel
Sans penser un instant à ses amours anciennes

Je vous comprends si vous saviez comment
Il suffit d’un regard , je vous comprends
Mais j’avoue que je n’aurais jamais cru
Qu’on puisse tant pleurer un amour disparu

Christian Goutte