Le drap de lin


Des milliers de mémoires dans un corps défraîchi

Comme un lambeau de lune sur une âme sans vie
D'infamantes journées d'un avant qui s'enfuit
D'incroyables regards de pitié et d'ennui

Le parcours d'une vie et ses erreurs aussi
Le regard d'un garçon dont j'oublie le nom
Des guerres imbéciles, des projets qu'on oublie
De merveilleux voyages et de noces de carton

Le temps de penser dans la chambre anonyme
Au passé heureux d'une jeune femme amoureuse
On s'acharne sur une photo que l'on veut sublime
Aux années de sa vie que l'on croyaient joyeuses

D'incroyables destins se finissent ainsi
Les ultimes amitiés de ces douleurs sans nom
Cette enfance lointaine qui encore me poursuit
Pour entendre avec moi ce vieux cœur qui dit non

Que douce soit ma fin et pas d'avantage
Un drap de lin gris comme ultime sevrage
Je ne tends qu'une main à Domy et aux autres
A elles je confesse la dernière de mes fautes

Christian Goutte