Les années folles 


C’était les années trente, le temps des années folles
Le temps où nos aïeux dansaient le Charleston
T’arrivais de Galice ma petite espagnole
Le flamenco en toi comme une vraie sauvageonne

Tu as grandi là-bas, tout près du Capitole
En apprenant la gigue, le slow, le madison
Pour les gamins conquis de la place Esquirol
Tu étais la Maria qui dansait comme personne

Et puis tu as changé, de fleur en demoiselle

Avec toujours en toi la danse et rien que ça
Tu les as toutes apprises, les gigues, les tarentelles
Les mambos et les valses des soirées de gala

Quand tu l’as vu danser l’fado d’Albufeira
T’avais compris bien sûr que ce s’rait ta moitié
Lui maîtrisait la valse mieux que la lambada
Et c’est sûrement pour ça que tu l’as épousé

Vous avez érigé une école de samba

Sur les ruines fumantes d’une cité meurtrie
On y dansait la salsa, la bossa nova
On y dansait en fait ce qu’on avait envie

Tu en as vu passer des couples amoureux
Ils ont fait des petits qui sont devenus mamans
Les tangos, le fox-trot illuminaient leurs yeux
A regarder valser leur tout premier enfant

Le rock et le twist sont arrivés bien trop tard

Pour qu’encore de nouveau tu aimes un homme amant
Tu as abandonné les polkas, les couche-tard
Ceux qui dansaient pour toi des rumbas à deux temps

Te souviens-tu Maria, d’un petit garçon triste ?
Assister aux ballets parce qu’il était puni
Ébahi tout de même devant une telle artiste
Tu es partie Maria, je suis encore puni

Christian Goutte





Par amertume le Lun 11 Oct - 19:27
J'aime le rythme et la fluidité de ton texte, c'est aussi intéressant de découvrir une
époque que je n'ai pas connu, tu en parles très bien au travers de ce personnage.


 par *Okana* le Lun 11 Oct - 22:52

Oh, j'imagine que vous aimiez la danse, car à votre jeune âge vous n'avez point connu cette époque...
Merci.
De bons souvenirs de mes arrières-parents qui dansaient ceux des premiers quatrains.
Le jeu est bien mené.
Bravo
Nicole.


 par Fugitive le Mer 13 Oct - 12:32

Garaison Sad la place Esquirol, "le père Léon " mon fief de rassemblement,
le pont vieux, les quais,ma ville rose, mon regret, mon envie de la retrouver  bon je sais, je m'étends,
 mais Toulouse me manque tant !!!

Cela dit je vois très bien cette Maria dansant au rythme des guitares flamencas,
 puis passant aux rythmes plus à la mode, mais donnant son âme à ceux qui l'admiraient...Gros baisers


Message par Myrrha le Mer 13 Oct - 15:51

On se fait une grande farandole sur le canal du midi?
ton poème vaudrait d'être mis en musique.
J'aime beaucoup.