Lolo pour les intimes



Divorcée, bien évidemment

Avec ses filles ou ses garçons
Elle hait le père de ses enfants
Et vit dans un p’tit pavillon

Elle fut un jour, jeune et jolie
Mais bien cruelles sont les années
Pour les jumelles, elle a grossi
Et depuis, elle se laisse aller

Elle voudrait plaire, mais ne sait plus
Et le temps passe, elle le sait bien
C’est des journées à corps perdu
Dans le ménage, soir et matin

Mais y’a l’ordi, le bel ordi
Ou elle passe la moitié du temps
Et qui sans arrêt lui dit
Qu’il y a du monde qui l’attend

Tous ces hommes la font rêver
Les beaux pseudos, les Apollon
A qui elle dit sa vérité
A qui elle ne veut pas dire non

Elle est légère, superficielle
Elle écrit comme les ados
Avec des fautes de maternelle
Quand on ne sait pas les mots

Alors des fois, elle franchit le pas
Et s’abandonne à un surnom
A une odeur, une paire de bras
D’un type dont elle oublie le nom

Elle jouit dans un parfait silence
Mordant la p’luche d’une de ses filles
Qui dort tout près en innocence
Rêvant de lys et de jonquilles

Elles sont bien cent, elles sont bien mille
A se cacher derrière l’écran
Comme des cloportes, des baise-en-ville
Flouant le naïf qui attend

Point ne vous juge, mais je vous plains
Sèches et cassantes tel un sarment
Je ne vous souhaite vraiment rien
Adieu Lolo, adieu Satan

Christian Goutte