Maisons-Alfort



Voilà déjà longtemps q’tu me supportes

Que tu laisses ouverte toutes ces portes
T’avais sûrement pensé à autre chose
Quand j’t’avais offert ma première rose

Mais le temps a passé, nous avons changé
Même si aujourd’hui on veut pas se l’avouer
Nos enfants mariés vont avoir des enfants
Avions-nous pensé à ça auparavant ?

On cimente nos vies avec des souvenirs
Certaines photos nous font même sourire
Toutes ces personnes maintenant disparues
Dont certaines d’elles nous sont  inconnues

Tu pensais ta vie comme un roman-photo
Dont j’aurais été le seul et unique héros
Mais fatigué j’ai déserté tes magazines
Te laissant souvent seule dans ta cuisine

J’ai préféré d’autres routes, d’autres chemins
Croyant sans doute que tu ne savais rien
Je pensais ton amour à jamais émoussé
En se croisant comme ça en fin de soirée

J’ai osé le pire même l’insoupçonnable
Que je sais parfaitement impardonnable
Une seule femme le sait et me condamne
Et pour elle mon cœur, pleure et se damne

Je ne sais pas comment l’oublier
Et je suis fatigué de te faire pleurer
Aucuns regrets ni remords dans ce passé
Juste une peine immense à jamais ancrée

Que restera-t-il de ces années de nous ?
Ai-je  gâché notre premier rendez-vous ?
Je me souviens d’une flûte, d’une silhouette
Et de petites fleurs couchées sur une couette

A quelle hauteur de nos vies sommes-nous ?
Combien d’anniv encore aurons-nous à fêter ?
Onze années est ce bien peu ou beaucoup ?
Le corail sera-t’il dernier sur le calendrier ?

Je te sais toujours aimante, douce et câline
Malgré ces histoires qui hantent ton esprit
Des fois dans ton regard si doux je devine
La trace qu’aurait laissé ton tout dernier cri

Pourquoi m’absous-tu en permanence ?
Vois-tu en mois un soupçon de repentance ?
Comment fais-tu pour apaiser de cette manière ?
Le mal qui va ronger ma vie entière ?

J’ai oublié le coton, l’étain, les coquelicots
A peine songer au bois, au chypre, à la cire
Pour un bibelot de faïence que je trouvais si beau
Combien de fois suis-je passé loin de tes désirs ?

Tu vois si c’était à refaire, rien ne changerait
Je recommencerais tout comme la première fois
De nouveau et encore je sourirais pour toi
Et accepterais que tu portes mon nom à jamais

Christian Goutte