Nouvelles et péripéties



Les dérangeantes vérités

Affichées en noir et blanc
Les mêmes depuis des années
Passe et repasse le temps

Tous ces enfants disparus
Que l’on retrouve ou pas
Un président qui ne l’est plus
Une manif  rouge de syndicats

Et l’horoscope dans le métro
Qui nous arrange ou pas
Passent en boucle les journaux
Comme les actrices de cinéma

On lit  ce qu’on regarde le soir
Dans les lucarnes de solitudes
Ils nous racontent aussi l’histoire
En transmettant leurs certitudes

Sur cinq colonnes, un Kennedy
Assassiné par l’un des siens
Et tous ces monstres de Serbie
L’histoire, toujours nous revient

Ils tapissent, ils emballent
Dans les greniers, dans les campagnes
Avec des titres qui nous font mal
D’avions qui chutent sur les montagnes

Pour un pilote qui fut génial
Mort un dimanche en Italie
Combien de faits-divers banals
Et de massifs incendiés?

On imprime les mêmes horreurs
Parce que les hommes ne changent pas
Y a des violeurs, y a des braqueurs
Les journaux ne racontent que ça

D’où que l’on vienne, ou que l’on aille
Aucune surprise nous troublera
Y’aura toujours  plus de batailles
Qu’un enfant roi qu’on sacrera

Christian Goutte