C’est un petit ruisseau
Écumant de vigueur
Qui descend d’Espingo
Le matin de bonne heure
Jeunot mais centenaire
Et gorgé d’oligos
Au milieu de cent  pierres
Il se vide d’eau en Oô

Déjà sur l’autre rive
Il reprend son chemin
Un caillou, une dérive
Luchon dans le lointain
Il perd un peu de vie
La pente devient douce
Il faudrait de la pluie
Et une lune rousse

Courageux, solitaire
Au milieu de la plaine
Tu t’approches de ma terre
Nourrissant les chevesnes
Pieds nus dans ton cœur froid
Glacé comme l’oraison
Je me souviens de toi
Perdu dans Garaison

Christian Goutte