Où va la mer à marée basse?



Bien loin les fous rires amoureux

Des joies simples de la famille
Les rêves deviennent cauchemars hideux
Jusqu'au soupir qui nous habille

Liberté de vivre est folie
Quand les larmes sont les seules promesses
Et qu'aucune chance n'embellit
L'espoir du Dieu qui nous confesse

Il y avait mille et une couleurs
D’orgies de vert en bleu satin
Les poissons gris, déjà en pleurs
Surplombaient le tableau marin

La fille était jolie, un peu étrange
Les cheveux défaits, la peau diaphane
Elle se glissa dans l’eau, tel un ange
Sous le vent devint océane

Alors, elle se mit à nager
Au milieu des flots, des orages
Bientôt l'histoire, comme vitrifiée
Se liquéfia comme un présage

L'océan plaisir d’un coup s’apaisa
Les flots s’irisèrent de doux rayons
Couvrant de chansons d’opéra
La belle au large de l’horizon

D’abord, elle ne reconnut rien
De tout ce que lui avaient promis
Les menteurs, les anges, les lutins
Quand la mort lui avait pris une vie

Vint le repos, les champs de roses
Les fleurs aux mystères inconnus
Qui poussent et fleurissent en nivôse
Avec des fruits rouges et charnus

Cascades et sables en ruisseaux
Partagent les monts immaculés
Où des marmottes prennent en photo
Une enfant sage et adorée

Elle vit gourmande dans la vallée
Dans les souvenirs des boutons d'or
La rencontre d'une sœur aimée
Et répond au doux nom d'Aurore

Christian Goutte