Prisonniers



Et si finalement nous étions prisonniers .
De tous ces cœurs que nous avons aimés .
Et si par-delà tous ses liens tissés
Seuls demeuraient les amours enchaînés ?
Comme des enfants naïfs et apeurés
Nous avancions dociles et décidés
Sur des sarments de vignes et de lys dorés
Vers un autel fleuri, sous un drap décoré
La vie nous semblait belle, l'amour sucré
Tintaient les cloches pour cette union voilée
Qui donc ce jour-là aurait pu se douter ?
Que nos âmes mariées avaient déjà pleuré 
Céder à un sourire auquel on ne peut avouer
Que déjà maintes flèches nous ont transpercés
Faire mine de comprendre et faire semblant d'aimer
Tout en faisant admettre l'absence d'un péché

Christian Goutte