Quand


Quand plus un seul je t’aime ne sortira de ma bouche
Et que plus un seul poème ne parlera de nos douches
Si je n’enviais plus tes mains tes doigts qui me touchent
À quoi serviraient nos rêves et ces lunes qui se couchent?

Quand le tout premier rayon me fait penser à ton soleil
Et qu’un bout de bitume me fait rêver et m’émerveille
Si je n’enviais plus ces nuits si douces qui me réveillent
À quoi bon ces coups de cafards quand tournent les abeilles?

Quand je ne voudrai plus entendre cette voix si douce si belle
Et que je ne prendrais plus de la moindre de tes nouvelles
Si je n’enviais plus le bruit des machines qui m’ensorcellent
À quoi bon cet amour de ma vie qui me rendit si fidèle?

Quand je n’aurai plus envie de ton sexe trempé d’amour
Et que nos désirs passés rattraperont mon cœur lourd
Et si je n’enviais plus ces spleens auxquels je reste sourd
À quoi serviraient ces maux que tu subis jour après jour?

Quand ces choses arriveront je serai juste un mendiant
Un clochard immobile qui n’attend aucun printemps
Me souvenant sans cesse et pensant meurtri à ce temps
Où la divine Sandrine aimait sans compter Christian

Christian Goutte