Sans raison et sans âge



Parfois les rêves se résument

A des volets de bois blancs et bleus
Qui au matin sortent de la brume
Comme une larme perle des yeux

Petite maison de toute une vie
Baptisée  d’un surnom bucolique
On y entre par une porte en buis
Qui s’ouvre sur un appentis de briques

Des années de labeur et d’amis venus
Partager l’idéal de parents ou d’amis
Pour poser là au milieu d’une avenue
Ce qui restera comme le but d’une vie

Ont grandi les enfants à travers les saisons
Les années ont passé et les arbres grandis
Des chiots devenus chiens aboient sans raison
Oubliants les grands-pères qui les ont nourris

Des voitures plus récentes ont rempli le garage
Qui fut autrefois la chambre des garçons
Où le plus jeune noircissait pages après pages
Des poèmes puérils et des sonnets abscons

Dès les premiers frimas elle va s’assoupir
Vents et  marées amènent les grains de plage
Qui vont se poser mais sans la recouvrir
Une maison appelée « Sans raison et sans âge »

Christian Goutte